Politique d’Infrastructures

Les infrastructures de production et de commercialisation de l’artisanat constituent un maillon incontournable dans le développement socio-économique de l’artisanat. Elles contribuent à la croissance et à la création d’emplois dans ce secteur. De même, le développement durable des activités artisanales et l’intégration de celles-ci dans la sphère économique et commerciale est tributaire de la disponibilité d’espaces de production et de commercialisation adéquats.

Considérées comme un moyen de création des conditions propices à l’amélioration de la qualité du produit et des revenus des artisans, un programme d’actions du Ministère en matière de création, valorisation et réhabilitation des différents espaces de production et de commercialisation a été élaboré. Il dénote d’une vaste couverture à l’échelle nationale, et s’articule autour de trois volets essentiels :

  • Le premier concerne l’introduction de nouveaux concepts où l’accent est mis, en dehors des ateliers professionnels, sur d’autres composantes telles que l’exposition permanente ou tournante des produits d’artisanat local, l’animation de ces espaces et la formation professionnelle (par apprentissage) qui est un outil garantissant la préservation des métiers et le transfert des savoir-faire à travers les générations. De même, ces concepts ont fait, des groupements professionnels (associations et coopératives notamment féminines) des cibles prioritaires, en vue d’élargir et d’optimiser le périmètre des bénéficiaires.
  • Le second volet est relatif à l’amélioration de l’aspect architectural des nouvelles infrastructures, dotées de salles d’expositions, ou de showrooms d’une surface importante, donnant directement sur la façade principale, avec un agencement des différents espaces, offrant de larges espaces de circulation et une luminosité naturelle. De même, des efforts sont orientés vers l’amélioration de l’attractivité des infrastructures existantes, à travers des opérations d’aménagement, de réhabilitation et de restauration, visant à conserver et à valoriser en premier lieu, notre patrimoine architectural marocain en s’imprégnant du cachet architectural de chaque ville.
  • Quant au troisième volet, il concerne la mise en place d’une gestion plus adaptée visant l’amélioration de la rentabilité de ces infrastructures et une exploitation efficace et pérenne dans le temps, en s’appuyant sur une approche participative basée sur l’implication des acteurs bénéficiaires eux – mêmes dans la gestion, l’exploitation et l’animation de ces espaces, à travers la création d’associations des artisans exploitants et la signature de conventions de gestion avec elles.

Les infrastructures dédiées aux produits de l’artisanat sont généralement réparties en 3 grandes familles et ce, selon la population cible, le contenu et le lieu de leur implantation :

  • Infrastructures de production et de commercialisation,
  • Infrastructures de commercialisation,
  • Infrastructures de production.

1. INFRASTRUCTURES DE PRODUCTION ET DE COMMERCIALISATION

  • Les ensembles d’artisanat, créés afin de permettre aux artisans de disposer d’espaces de travail adéquats et de promouvoir les activités artisanales locales.

Actuellement au nombre de 42, les ensembles artisanaux ont été réalisés dans le cadre du plan quinquennal 1968-1972. Ils étaient mis gracieusement à la disposition des artisans.

  • Les villages d’artisans ont été lancés fin des années 90 et début des années 2000, en adoptant une approche partenariale et en impliquant les associations des artisans bénéficiaires dans leur gestion. Ces associations prennent en charge les frais de fonctionnement (gardiennage, entretien, eau et électricité,.. .). Les villages d’artisans comprennent des espaces de production, d’exposition et de vente.
  • Les complexes intégrés d’artisanat comprennent, en plus des espaces de production et de vente, des espaces de formation et sièges des directions territoriales de l’artisanat et des chambres d’artisanat concernées.

2. INFRASTRUCTURES DE COMMERCIALISATION

Réservées à l’exposition et la vente, avec éventuellement des travaux de finition :

  • Espaces d’exposition – vente,
  • Espaces intégrés dans les zones touristiques du Plan Azur : Ce concept a vu le jour, dans le cadre de la Vision 2015, dans la perspective d’améliorer et de renforcer le circuit traditionnel existant composé d’échoppes à l’intérieur des médinas, de villages d’artisans et d’ensembles artisanaux, et de mettre le produit artisanal à la disposition des touristes là où ils sont, notamment dans les stations balnéaires et au niveau des nouvelles zones touristiques.

La 1ère opération du genre est la Médina d’Artisanat Saidia qui a été implantée au sein la Station balnéaire de Saidia. Celle-ci fut inaugurée par Sa Majesté en juin 2009.

La Médina renferme des boutiques de finition-vente dédiées à diverses filières/métiers artisanaux (bijouterie, tapis, poterie, décoration, ameublement, etc.), exploitées par différents acteurs du secteur (mono-artisans, entreprises et coopératives).

  • Les foundouks, forts par leur histoire, leur architecte et les matériaux utilisés dans leur construction, ont fait l’objet, dans un cadre partenarial, d’opérations de restauration, de réhabilitation et de reconversion en espaces de finition-vente des produits de l’artisanat dans les anciennes médinas. Un nouvel élan a été insufflé à ce chantier notamment dans le cadre de l’Initiative Royale de mise en œuvre de Programmes de Réhabilitation et de Mise en Valeur des Anciennes Médinas «Nouvelle Génération».

3. INFRASTRUCTURES DE PRODUCTION : LES ZONES D’ACTIVITES ARTISANALES (ZAA)

Une ZAA est un terrain aménagé selon une démarche volontariste par un ou plusieurs acteurs institutionnels, en vue d’être commercialisé, en lots ou ateliers gros-œuvre ou finis, vendu ou loué, à des unités artisanales (Entreprises, TPE, Coopératives ou mono-artisans) et éventuellement à d’autres entités (hors artisanat), pour y exercer leurs activités. Elle peut contenir d’autres composantes en plus des locaux professionnels, qui constitueront des services à mutualiser entre les unités installées. Cet espace peut être seul ou intégré dans le cadre d’une zone plus grande, avec d’autres activités économiques, pour constituer ce qu’on appelle une Zone d’Activités Economiques (ZAE).

Lors de l’élaboration de la 1ère stratégie « Vision 2015 » de l’artisanat à fort contenu culturel, le besoin en foncier viabilisé et en Zones d’Activités Artisanales (ZAA) était principalement pour des raisons de délocalisation d’activités polluantes qui étaient installées dans des zones d’habitation, voire dans les anciennes médinas. Ainsi, un nombre réduit de zones a été programmé et réalisé, à savoir, les ZAA Benjellik de la poterie et Ain Nokbi de la dinanderie, à Fès et la ZAA Rmika à Meknès, en plus d’une ZAA de service à Khmis Zmamra. D’autres zones sont soit en cours de chantier, d’études ou en cours de mobilisation de foncier.

Aujourd’hui, le tissu des acteurs de l’artisanat de production a évolué, intégrant plus d’entreprises (près de 800 unités dont 24% ont un CA > 5 Mdh et 60% entre 1 et 5 Mdh), sans compter les unités travaillant dans l’artisanat de service.

Ainsi, le besoin et la demande actuels en termes de ZAA proviennent de la part :

  • D’entreprises déjà installées, mais qui veulent développer leurs activités et élargir leur production,
  • D’acteurs déjà installés, mais dans des zones non adéquates, notamment des zones d’habitation / médinas, …
  • D’acteurs nouvellement créés ayant besoin d’ateliers de travail.

Cette demande se manifeste de plus en plus, dans toutes les Régions du Royaume, de manière différentiée selon le niveau de prépondérance des activités et des acteurs de l’artisanat dans chaque région.

Le Ministère du Tourisme, de l’Artisanat, du Transport Aérien et de l’Economie Sociale fait du chantier de mise en place de ZAA, l’un des chantiers prioritaires de la nouvelle stratégie de l’artisanat, en cours d’élaboration.

Par ailleurs, et ayant un caractère purement local et de proximité avec un objectif de développement territorial, le chantier de mise en place de zones d’activités artisanales et des métiers, ou encore économiques, fait partie des missions et des priorités des Régions. La nouvelle loi organique relative aux régions n° 111-14 dans son article 82, l’a érigé parmi leurs compétences propres.

Ceci fait de la Région, l’un des acteurs institutionnels clés de ce chantier, avec d’autres acteurs importants qui y sont impliqués, dont le Ministère du Tourisme, de l’Artisanat, du Transport Aérien    et de l’Economie Sociale

Objectifs visés par les ZAA :

Que ce soit pour des raisons de création ou de développement d’activités ou encore de délocalisation, la mise en place de ZAA vise les objectifs suivants :

  • Mise à la disposition des différents acteurs, des avantages compétitifs :
    • Mise à disposition de terrains viabilisés à prix compétitifs,
    • Création des écosystèmes harmonieux favorisant les synergies, partenariats et sous-traitance entre acteurs,
    • Création d’une plateforme logistique commune à ces acteurs,
    • Mise à disposition en un seul lieu, de moyens et de services adaptés aux besoins des acteurs du secteur et veiller à la mise en place des services à la fois de qualité à un prix concurrentiel,
  • Décongestion des centres-villes et participation à l’organisation spatiale des activités,
  • Incitation à l’extension et à l’agrandissement des unités existantes et à la création de nouvelles unités,
  • Participation à l’accroissement du niveau de compétitivité des acteurs de la ZAA,
  • Atténuation des effets de nuisance et inscription dans le cadre de l’approche ou le concept des villes écologiques,
  • Participation à la réduction du phénomène d’occupation illégale des voies publiques.